Réseau de chaleur à Saint-Affrique (Aveyron)
Réseau de chaleur à Saint-Affrique (Aveyron)
17 mars 2026
Énergies renouvelables
Réseau TEPOS
Occitanie

La SEM Causse Energia explore la filière bois

Créée en 2016, la SEM Causse Energia repose sur un modèle original. D’une part, elle a été créée à l’initiative d’un parc naturel régional, d’autre part, elle a pour l’instant essentiellement développé des réseaux de chaleur. Ce qui pourrait changer à l’avenir. Entretien avec Alexandra Moulin, directrice opérationnelle de la SEM (Société d'Economie Mixte).

Pour quelles raisons la SEM Causse Energia a-t-elle été créée ?

Alexandra Moulin : A l’origine, deux projets se sont croisés. D’une part, la ville de Saint-Affrique souhaitait créer un réseau de chaleur, de l’autre le PNR des Grands Causses réfléchissait avec la filière aux moyens de valoriser localement la ressource biomasse (bois et déchets de bois). L’idée s’est rapidement imposée de créer des réseaux de chaleur qui s’incluraient dans les PCAET, avec un outil dédié, à la main des collectivités. C’est ainsi que la SEM a été créée. Elle garde une majorité publique (PNR, EPCI, communes…) mais a aussi des actionnaires privés, dont l’AREC Occitanie, des énergéticiens locaux, des approvisionneurs en bois local et des entreprises du bâtiment. En 2025, une augmentation de capital a permis de faire entrer trois nouvelles collectivités. 

« La SEM porte à la fois un projet de solidarité territoriale et d’indépendance énergétique. »

Alexandra Moulin Directrice opérationnelle de la SEM Causse Energia

Quel est votre portefeuille d’activités ?

AM : Nous exploitons le réseau de chaleur de Saint-Affrique et la chaufferie de l’Ehpad Denis Affre à Saint-Rome-de-Tarn. Nous venons de mettre en exploitation un réseau de chaleur à Saint-Laurent-d’Olt (623 habitants). Nous avons d’autres projets de réseaux de chaleur plutôt bien avancés, à Nant (1026 habitants), Argences-en-Aubrac (1581 habitants) et à Millau. La SEM souhaite aujourd’hui se diversifier dans le photovoltaïque et l’éolien, par exemple en participant à l’extension de parcs existants, en dépit des difficultés de raccordement actuelles. Au total, nous comptons une douzaine de projets. Nous nous intéressons aussi au photovoltaïque en toiture, notamment dans le cadre de l’autoconsommation collective. 

Disposez-vous d’une charte de bonne conduite ou d’autres outils ?

AM : Pour le bois, nous nous appuyons sur la charte du PNR Grand Causses. Nous allons faire de même dans les autres filières. Les PNR ont une approche précise de ce qu’il est possible de faire ou pas. Ainsi, la SEM a refusé des projets solaires industriels. La SEM est un outil au service de stratégies TEPOS, des PCAET. 

Quel est le mode de gouvernance de la SEM ?

AM : Notre conseil d’administration se réunit quatre ou cinq fois par an pour prendre ses décisions. La SEM est un outil d’aménagement du territoire pour les collectivités, notamment là où les acteurs privés n’interviennent pas. Il en est ainsi des réseaux de chaleur : très importants au niveau local, ils sont souvent trop petits pour intéresser de grandes entreprises. Nous valorisons aussi d’autres ressources : par exemple, lorsqu’il faut élaguer des endroits délaissés (anciennes parcelles agricoles…), on récupère les plaquettes. C’est possible grâce à notre implantation locale et parce que nous avons des acteurs de la ressource forestière au sein des actionnaires de notre structure. J’ajoute que la SEM porte à la fois un projet de solidarité territoriale et d’indépendance énergétique : n’oublions pas que nous remplaçons du fioul et du gaz par une ressource locale !